Graffitis, saleté, poussière, feuilles, neige, gadoue, eau, mauvaises herbes, joints, bars, boîte de strip-tease, corruption, usines, boutiques érotiques, animaux errants, eaux usées, déchets, pollution, pauvreté, foules, bruits et odeurs ont tous été classés comme des problèmes de propreté.
Savon, présenté par Pecha Kucha et le CCA, explore les thèmes intéressants et problématiques de la propreté dans le contexte de Montréal. Présentations de 20 diapositives projetées chacune durant 20 secondes.
Take a Bath, Jennifer Blair
Following the Flush, Andrew Emond
Where the Snow Goes, Patrick Evans
C’EST DU PROPRE !, Peter Fianu
Animals in the City, Jason Prince
Sanctuaires d’Hygie, oratoires de Panacée : la santé dans la Cité, Nicolas Reeves
Lev Bratishenko, membre du personnel du CCA et l’un des organisateurs de l’événement, dresse le bilan de la soirée :
« Cinq cents personnes conquises, bière en main, ont écouté Jason Prince dans son exploration énergique sur le thème des animaux dans la ville, de la fin du dernier abattoir urbain jusqu’au retour (profitable d’un point de vue commercial) des poulaillers individuels dans les cours arrière. Ensuite, Peter Fianu a livré un discours brillant et profond sur les typologies de la propreté; aucun concept n’a conservé sa pureté bien longtemps. Jennifer Blair a clos la première partie par un survol de l’histoire des bains publics et de leurs associations sociales dans les mutations qu’ils ont connues au cours des cent dernières années. Après une pause d’une demi-heure au cours de laquelle les barmen ont eu à s’occuper, c’est Patrick Evans qui a repris le micro. Il a présenté son odyssée au cœur d’une montagne de neige sale, et les découvertes qu’il y a faites. Puis, Nicolas Reeves nous a fait participer à son enquête critique et édifiante sur les hôpitaux, où la propreté n’est pas simplement affaire de tenir la saleté à l’extérieur, mais aussi de garder la maladie en les murs. Andrew Emond a terminé la soirée par la présentation de son portfolio d’explorations dans les égouts et une invitation lancée à l’auditoire de voir d’un œil nouveau les espaces sous nos pieds comme des éléments d’architecture porteurs d’une dimension esthétique potentielle. »
La définition donnée à la question de la propreté a varié selon les courants moraux ou politiques, les théories sur la ville et les découvertes médicales et technologiques. Plusieurs approches ont été adoptées selon les divers problèmes; la plupart se fondent sur la combinaison de la propreté visuelle et de l’hygiène physique. Le balayage des rues, le pavage puis l’asphaltage résultent de tentatives d’extirper la saleté des villes, et cette urgence a atteint un point culminant avec l’élimination des taudis et les projets de rationalisation modernistes des années 1950 et 1960. Plus récemment, Pise et Barcelone ont mis à l’essai des robots qui ramassent les déchets et balaient les rues; New York s’est dotée d’une variété d’appareils en métal épineux qui empêchent les gens de traîner dans les espaces urbains.
Savon est l’occasion de poursuivre la recherche amorcée par le CCA en 2005 avec l’exposition novatrice intitulée Sensations urbaines, qui proposait une approche de la ville fondée sur un urbanisme sensoriel.
Information sur l'événement :
11 février 2010, 18 h 00
Maison Shaughnessy
Portes ouvertes dès 18 h jusqu'à 21 h ; présentations à partir de 19 h.



