« L'exposition propose de renoncer à l’idée d’une architecture conçue pour la production de biens matériels en faveur d’une architecture pensée pour la production d’idées. » – Mirko Zardini

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Autres odyssées de l’espace expose trois perspectives sur une aventure entamée il y a 40 ans, après la mission lunaire de 1969. Présentant les travaux des architectes Greg Lynn, Michael Maltzan et Alessandro Poli, Autres odyssées de l’espace se tient à un moment où l’exploration spatiale fait l’objet d’un engouement renouvelé, mais aussi de questionnements quant à sa légitimité. Le nombre accru d’expéditions scientifiques, les lancements de satellites et l’émergence du tourisme spatial sont autant d’événements qui nous poussent à revisiter la relation à notre propre planète.

Pour ces architectes, l’espace a d’abord représenté un contexte d’expérimentation, mais aussi des conditions extrêmes à partir desquelles tester de nouvelles manières d’habiter la Terre.
Greg Lynn, Michael Maltzan et Alessandro Poli ont échafaudé des réponses originales et imaginatives aux questions portant sur l’exploration spatiale et l’appropriation de nouvelles réalités extraterrestres. Leurs odyssées, réelles ou virtuelles, nous invitent en définitive à redécouvrir notre propre monde.

Deux salles d’exposition consacrées aux projets de chacun des architectes sont adjacentes et ouvertes les unes sur les autres, établissant ainsi une relation entre leurs œuvres respectives. Présentant des maquettes, collages, animations et dessins, Autres odyssées de l’espace expose un matériel très diversifié, à la fois réel et virtuel, allant des simples outils agricoles d’un paysan à l’animation numérique d’un film de science-fiction. Les architectes ont travaillé à la sélection et à la présentation du contenu, conformément au concept de l’exposition qui a été élaboré.

Les projets de Greg Lynn exposés font appel à des conditions improbables ou extrêmes, telles que la réalité virtuelle ou l’absence de gravité, pour proposer de nouvelles orientations, technologies et formes, comme du domaine des possibilités architecturales. New City, un monde virtuel développé sous son aspect architectural, est représenté par une animation ainsi que cinq maquettes fabriquées selon une technologie numérique pour cette exposition. Ce projet répond à l’émergence des médias sociaux par la conception d’une réalité virtuelle parallèle, dans laquelle tous les habitants de la Terre auraient une adresse propre dans une seule grande ville interconnectée. De plus, des maquettes et de la documentation sur les structures N.O.A.H. (New Outer Atmospheric Habitat ou Nouvel habitat extra-atmosphérique) sont présentées, consistant en quatre planètes imaginées pour le film de science-fiction Divide, ainsi que des dessins et animations de colonies spatiales qui étudient la notion de sol en l’absence de gravité.

Le projet de Michael Maltzan, le nouveau bâtiment qu’il a conçu pour le Jet Propulsion Laboratory (JPL), un laboratoire de la NASA à Pasadena, en Californie, se démarque des modèles architecturaux existants de campus voués à la recherche scientifique, pour proposer un nouveau type d’environnement physique qui facilite la collaboration. La dichotomie entre la réalité des scientifiques ici sur Terre et l’objet de leur recherche – d’échelle intersidérale –, est reflétée dans l’exposition. Dans l’une des salles, une vidéo de l’exploration spatiale montre les caractéristiques épiques et sublimes des images transmises de l’espace. Une seconde salle révèle le quotidien technico-bureaucratique au JPL, avec données reçues de la mission Cassini, toujours en cours.

Le regard que porte Alessandro Poli sur la planète Terre fut radicalement transformé par l’atterrissage sur la Lune en 1969. Dans l’exposition, ses projets explorent différentes propositions reliant l’environnement terrestre à la nouvelle réalité de l’espace. La première salle est consacrée au projet Architettura interplanetaria (Architecture interplanétaire, 1972), un film produit par le groupe italien d’architecture radicale Superstudio, dont Poli était membre. Le film propose une architecture d’échelle interplanétaire, y compris une autoroute Terre-Lune et est complété par son matériel préparatoire, comprenant des croquis, collages et scénarimages.

Le projet de recherche entamé par Poli et Superstudio, intitulé Cultura Materiale Extraurbana allait à contre-courant de l’optimisme qui auréolait l’exploration spatiale et de la dépendance à la technologie qui l’accompagnait. Le personnage de l’un des chapitres est Zeno, un paysan toscan. À l’opposé des astronautes des missions Apollo, qui avaient besoin de capsules et de combinaisons élaborées pour survivre dans leur nouvel environnement, Zeno utilisait et réutilisait les mêmes objets pour devenir totalement autosuffisant. Les réflexions actuelles de Poli sont cristallisées dans le collage Zeno rencontre Aldrin à Riparbella, qui illustre la relation entre ces deux personnages emblématiques, tout en éclairant le thème de l’exposition : la redécouverte de la Terre grâce à l’exploration spatiale.

Autres odyssées de l’espace est organisée par Giovanna Borasi, conservatrice de l’architecture contemporaine, et Mirko Zardini, directeur et conservateur en chef du CCA, en collaboration étroite avec les architectes.

Une publication éditée par Giovanna Borasi et Mirko Zardini accompagne l’exposition.

Conférence
7 avril 2010
Greg Lynn, Michael Maltzan et Alessandro Poli discuteront de la façon dont la notion d’espace détermine leur travail ainsi que des projets présentés dans le cadre de l’exposition
Entrée libre

Série Tester chez soi
15 avril; 6, 13, 27 mai
Une série de conférences qui explore les possibilités d’autres mondes ici sur Terre.
Entrée libre


Crédits :

Giovanna Borasi & Mirko Zardini, CCA, commissaires de l'exposition, avec Greg Lynn, Michael Maltzan et Alessandro Poli
Alex DeArmond, graphisme

Commanditaires :

Hydro-Québec, BMO Groupe financier / BMO Financial Group, MDA Corporation