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La nature recomposée

L’histoire de l’humanité peut être ramenée à une histoire des activités organisées sur le territoire, que celui-ci soit considéré comme une entité écologique complexe, comprenant des êtres animés et des choses inanimées, ou comme une surface vierge sur laquelle imprimer des systèmes et des formes efficaces. Si un lieu regorge de richesses cachées, il suffit alors de les extraire sous forme de paysages particuliers et de matériaux utilisables. Une telle ordonnance du monde en lieux naturels et leur contrepartie constitue un acte fondateur, et représente peut-être la plus radicale des activités architecturales.

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Points de vue sur le lac Ontario

Photographies par Robert Burley

La présence de la nature dans les villes et les paysages en transition sont au cœur d’une recherche élaborée par Robert Burley. Dans sa récente série photographique Les Grands Lacs amorcée en 2006, Burley explore un aspect de cette thématique en observant, depuis le secteur riverain de Toronto, les éléments naturels du lac Ontario.

Utilisant une chambre à grand format, l’artiste capte, au moyen de longues expositions effectuées à la lumière de l’aube, les points de rencontre subtils du territoire, de l’eau et du ciel. Ces images intemporelles toutes en nuance déclinent, à partir d’un même lieu, les variations des points de vue sur l’horizon et le positionnent de l’artiste dans sa relation au lieu, devant la force contemplative de ce paysage en opposition avec la ville qui s’étend derrière lui.

Situé en aval des autres Grands Lacs, le lac Ontario reçoit les polluants des activités humaines qui ont grandement affecté son écosystème depuis les deux derniers siècles.

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