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Prendre soin, ou la santé en question

La santé elle-même est devenue une source d’angoisse et le « bien-être » une affaire pressante de responsabilité individuelle. Que l’environnement bâti puisse nous rendre malades est devenu une évidence, et il est donc tentant de croire que l’architecture ou l’urbanisme peuvent aussi nous guérir : en soignant ou apaisant notre corps, en contribuant à évacuer notre stress, ou en favorisant notre (re)mise en forme. Ce dossier explore les liens entre la santé et l’architecture, les types possibles d’intervention et les principes particuliers qui les sous-tendent. On y contemple également l’éventualité désagréable que nos meilleures intentions ne puissent en fait qu’engendrer de nouvelles complications.

Article 5 de 9

James Burgoyne photographie les rues de Birmingham

Texte d’Alice Gavin

James Burgoyne, photographe. Vue du « Gullet », Birmingham. CCA. PH1981:0568:029

James Burgoyne, photographe. Vue de la rue Little Cherry, Birmingham. CCA. PH1981:0568:006

Donnant suite à la loi de 1875 sur l’amélioration des logements réservés aux artisans et aux ouvriers, le projet de réaménagement de Birmingham déclenche la transformation radicale d’une région urbaine, qui touche deux vecteurs principaux : on démolit les taudis délabrés (en s’efforçant de reloger leurs habitants), et on construit un imposant « boulevard parisien », la rue Corporation. Avant d’entamer ces changements, le « comité d’amélioration » nommé par le conseil municipal commande une série de photographies. Réalisées par James Burgoyne, dont le studio se trouve rue Coventry, ces images montrent les rues encombrées et les petites ruelles ne convenant plus, pense-t-on, à une ville industrielle ambitieuse qui a pour devise « En avant ».

Conservées dans les archives du CCA avec d’autres séries semblables, dont les photographies de Glasgow prises par Thomas Annan dans les années 1860 pour le Glasgow City Improvement Trust, les images de Burgoyne ne sont pas strictement documentaires; elles servent aussi de processus d’effacement. Témoignant sans cesse des possibilités, des perspectives dans tous les sens du mot, elles permettent d’enregistrer la ville afin que le comité d’amélioration la reconstitue. On a réalisé ces photographies, accompagnées d’une carte où sont indiqués les emplacements précis et les angles de prise de vue, pour qu’elles deviennent presque immédiatement obsolètes et qu’elles soient utilisées en même temps comme outil pratique de connaissance de l’espace. En ce sens, Burgoyne ne saisit pas uniquement le vieux Brummagem : il expose la possibilité d’un nouveau Birmingham, soulignant son devenir et ce à quoi il s’oppose.

Une image tirée d’une série de 36 photographies, numéro 29 sur la carte, encadre un passage étroit appelé le « Gullet » (le gosier). De part et d’autre se trouvent un café, le Hope and Anchor, et un entrepôt de meubles. Pourtant, par sa composition, l’image s’attarde sur le vide tortueux du Gullet, au point qu’elle semble coupée en deux, craquelée et fissurée par son sujet. Le Gullet n’est plus simplement un bon exemple de rue étroite que le comité d’amélioration cherche à éliminer; il est présenté comme élément urbain qui peut se fracturer, s’écheveler et se désorganiser. Le point de vue piéton de Burgoyne, que celui-ci conserve tout au long de la série, contribue largement à souligner ce fait.

Une autre photographie, numéro 6 sur la carte, montre la rue Little Cherry vidée de ses habitants, mais pas encore désaffectée. La rue abrite deux entreprises – J. Pullar and Sons et W. H. Hart, un agent en approvisionnement – qui occupent des bâtiments solidement construits en briques. Cette photographie est aussi scindée en deux moitiés : à gauche se dresse l’édifice en bon état où loge J. Pullar and Sons, tandis qu’à droite, au premier plan mais en même temps amoindrie par l’échelle du voisinage, on peut voir une structure négligée, en ruines, dont la façade est placardée d’annonces d’excursions « bon marché » proposées dans des faubourgs tels que Sutton Coldfield. D’autres images incluent des publicités de migrations plus lointaines et plus irréversibles : des pancartes affichées à l’extérieur d’une boutique évoquent des « passages assistés » au Canada et la promesse de « lots de terrain gratuits », et signalent les bateaux quittant Liverpool tous les jeudis pour se rendre en Amérique. Conjugués aux avis représentant des édifices comme « lot no 3 » et « lot no 4 », ces imprimés ajoutés à l’architecture annoncent une ville qui prend littéralement congé d’elle-même. Les images de Burgoyne ne se limitent pas à conserver la mémoire des lieux et à les documenter; elles exposent les rues observées à leur devenir.

Alice Gavin était ici en 2012 dans le cadre d’une bourse d’appui dans la collection.

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