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Une histoire de références

Notre propos est ici la manière dont l’œuvre de certains architectes, passés et actuels, révèle leur attitude envers l’histoire. On veut certes contempler le passé, mais pour mieux saisir comment la pratique architecturale l’utilise et l’a utilisé. On peut se servir de ce qui est venu avant nous comme référence, le citer, ou encore l’imiter, le plagier ou le rejeter. Il s’agit ici de savoir comment les architectes se positionnent par rapport au passé en vue de produire une œuvre pertinente pour leur temps.

Article 2 de 9

L’histoire, par ailleurs : Go Hasegawa, Kersten Geers, David Van Severen

Texte de Giovanna Borasi

L’histoire, par ailleurs est une conversation à trois qui s’est tenue tout au long de l’année dernière, et qui implique Go Hasegawa, de Tokyo, Kersten Geers et David Van Severen (OFFICE), de Bruxelles, et l’histoire de l’architecture. La conversation a été amorcée par le CCA, une institution fondée sur la conviction que l’étude des idées en architecture nécessite de recourir au passé et au présent comme outils pour imaginer l’avenir.

Nous avons posé certaines questions aux architectes : Quelle est votre relation avec ce qui vous a précédé? Vous intéressez-vous à l’histoire et à son incidence sur votre travail? En fait, est-ce que vous considérez que cette influence existe? Comment étudiez-vous l’architecture d’hier? Et pourquoi, aujourd’hui, cet intérêt renouvelé pour l’histoire, à une époque où nous semblons vivre un présent sans fin?

L’architecture étant inévitablement liée à un désir de se projeter dans l’avenir, une nouveauté nouvelle est ainsi toujours imaginée, mais un bâtiment ne peut surgir de rien. Les architectes de la génération actuelle agissent avec la conviction que tout a déjà été fait, mais affirment néanmoins que nous devons construire des projets significatifs pour notre temps.

Les galeries d’exposition constituent une déclaration en réponse à ces questions. Elles forment un lieu où vous pouvez expérimenter physiquement la conversation qui s’est déroulée entre les architectes au sujet de leur travail, en présence de l’histoire. En utilisant le format d’une conversation, la déclaration demeure ouverte et suspendue; elle précise ses termes tout en conservant leur ambiguïté verbale, et elle transpose un argument intellectuel dans un espace sans pourtant chercher à l’épuiser. Des parties de bâtiments sont construites à une échelle 1:1; des catégories historiques typiques, dont la notion d’auteur, sont remises en question lorsque l’un des architectes s’approprie le travail de l’autre et le représente à travers ses propres outils, le comparant ainsi à son travail pour en faire surgir les similarités et les différences; et des objets de la collection du CCA sont exposés pour illustrer la récurrence et la familiarité de certains concepts.

L’écoute attentive de cette conversation aide à mieux comprendre l’intérêt renouvelé de la génération actuelle d’architectes pour l’histoire de leur discipline. La position postmoderne qui évoquait textuellement les formes architecturales historiques, de même que le travail de la génération précédente qui utilisait l’histoire pour mettre en place un fondement théorique pour l’architecture, sont ainsi mis de côté; l’histoire devient ici une constellation de références choisies, empruntées à de nombreuses époques et géographies antérieures – Andrea Palladio, John Hejduk, Aldo Rossi, Kazunari Sakamoto –, qui laisse deviner une attitude très différente envers la recherche, plus directement liée à l’approche des architectes et à leur quête esthétique, sans pour autant devenir strictement fonctionnelle ou littérale. Cette conversation a pour objectif l’édification d’un nouveau récit sur l’architecture autour de l’ordinaire et du banal, et autour de la matérialité de l’architecture et de la façon d’en faire un tout sur une base tant compositionnelle que conceptuelle. Elle porte sur la redécouverte de formes très simples (comme la colonne ou la toiture), d’éléments typologiques (révélés à travers un intérêt obsessif pour le plan ou la coupe d’un bâtiment), et cetera.

Tout cela peut être vu comme une sorte de nouveau manifeste, dans lequel les architectes ont mélangé des références historiques à leur propre travail afin d’inventer un cadre inédit pour une architecture d’aujourd’hui fondée sur une apparente banalité, la célébration du quotidien, la définition d’un caractère particulier, la réduction intentionnelle des moyens de construction et la précision de la réponse.

Ce texte a été écrit pour introduire notre exposition de 2017 L’histoire, par ailleurs : Go Hasegawa, Kersten Geers, David Van Severen.

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