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Architecture de l’invocation

L’architecture peut souvent se retrouver au service d’un message : l’institution est digne de confiance ou avant-gardiste; telle personne ou telle entreprise est puissante; ce monde est un monde auquel on peut croire. Ce dossier étudie des exemples d’environnements conçus comme une modalité d’une stratégie de relations publiques. En analysant la manière dont l’architecture (et, tout aussi important, ses représentations) se fait porteuse de communication et d’influence, on peut mieux appréhender les versions de la réalité que celle-ci nous propose.

Article 15 de 16

Pendre l’architecte

Texte de Nicolas Gaudreau

Planche non numérotée : La manière de construire des ponts, solides sur des piles, comme le pont de Westminster aurait dû être bâti, dans Batty Langley, A survey of Westminster Bridge, 1748. 5868

Batty Langley (1696-1751), auteur de nombreux livres sur les jardins et l’architecture, n’ignorait pas la puissance rhétorique des images et savait en user pour se distinguer dans l’univers compétitif de l’édition d’architecture. Son ouvrage sans doute le plus célèbre, New Principles of Gardening (1728), qui fit de lui un pionnier de l’introduction des ruines dans les jardins, démontre éloquemment ce pouvoir. Les planches du traité montrent en effet des ruines colossales dont la monumentalité n’est pas sans évoquer certaines ruines de Piranèse.

On trouve une autre démonstration du goût de Langley pour les images fortes dans A survey of Westminster Bridge as ‘tis now sinking into ruin … with remarks on the piratical method used for building the piers and a just estimate of the expence for which all their foundations might have been made secure with piles, until every stone, with which the bridge is built, was torn into atoms by the hungry teeth of devouring time… (1748). Cet ouvrage relève d’avantage de la curiosité et de la littérature de genre que de l’écriture savante ou technique. Il s’agit en effet d’un texte pamphlétaire et revanchard où Langley s’attaque avec hargne à l’auteur du nouveau pont de Westminster, l’ingénieur d’origine suisse Charles Labelye (1705-1781). Ce dernier avait suscité colère et sentiments xénophobes en éclipsant Langley et tous les candidats anglais pour l’obtention du contrat. Lorsqu’on constata un affaissement inquiétant des piliers du pont alors même que des ouvriers travaillaient toujours à sa construction, Langley saisit une occasion inespérée de se venger.

La caractéristique la plus insolite de la diatribe de Langley est un dessin de facture simple qui apparaît dans les premières pages du livre et qui en constitue l’unique illustration. Ce dessin représente la pendaison, imaginée par Langley, de l’architecte incapable de ce pont. Si la présence d’une telle image dans un ouvrage d’ingénieur peut paraître déplacée, elle s’inscrit en fait parfaitement dans un contexte où les attaques personnelles étaient courantes. Il est également possible de situer le dessin assassin de Langley dans le contexte plus large de l’illustration satirique anglaise, dont l’architecte apparaît ici comme une figure originale.

Récipiendaire d’une bourse de recherche qui lui a permis d’explorer la collection, Nicolas Gaudreau rédigé ce texte pour notre site Web en 2010.

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