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La nature recomposée

L’histoire de l’humanité peut être ramenée à une histoire des activités organisées sur le territoire, que celui-ci soit considéré comme une entité écologique complexe, comprenant des êtres animés et des choses inanimées, ou comme une surface vierge sur laquelle imprimer des systèmes et des formes efficaces. Si un lieu regorge de richesses cachées, il suffit alors de les extraire sous forme de paysages particuliers et de matériaux utilisables. Une telle ordonnance du monde en lieux naturels et leur contrepartie constitue un acte fondateur, et représente peut-être la plus radicale des activités architecturales.

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Les nouveaux parcs industriels près d’Irvine, Californie

Photographies de Lewis Baltz

L’exposition présente les œuvres de l’artiste américain Lewis Baltz, lesquelles incitent à la réflexion critique sur les relations entre l’architecture, le paysage et la photographie. Les nouveaux parcs industriels font partie d’une série monographique élaborée dans les années 1970 (The Tract Houses, Maryland, Nevada et Park City), qui traite de vastes questions culturelles et philosophiques relatives aux zones industrielles du paysage urbain. En fixant son attention sur un sujet familier, Baltz crée une œuvre puissante dans le contexte de son approche photographique critique de l’environnement bâti.

Cinquante et une images, structurées en grille de trois rangées chacune, réorganisent l’espace et permettent l’expression de nouveaux rapports entre architecture, paysage et photographie. Sous la lumière crue de l’univers rectiligne aux portes closes et aux façades énigmatiques des nouveaux parcs industriels, l’artiste anime surfaces et textures, capte l’opaque et le transparent et semble projeter, au-delà de ces vues frontales faussement banales, le cycle de vie entier des bâtiments. Cette tension entre la difficulté du propos traité et la beauté formelle des images qui en résultent donne à l’œuvre sa puissance visuelle.

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