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Depuis plusieurs années, il ne se passe guère de mois sans qu’un étudiant ou une étudiante ne vienne à la Fabrique pour nous poser des questions sur l’édition indépendante, « engagée » comme ils disent. Ils sont en fin de licence ou en maîtrise, souvent dans la filière « métiers du livre » ou bien en science politique ou en histoire. Le projet de ce livre, c’est d’elles(...)
Pour aboutir à un livre : la fabrique d’une maison d’édition
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Depuis plusieurs années, il ne se passe guère de mois sans qu’un étudiant ou une étudiante ne vienne à la Fabrique pour nous poser des questions sur l’édition indépendante, « engagée » comme ils disent. Ils sont en fin de licence ou en maîtrise, souvent dans la filière « métiers du livre » ou bien en science politique ou en histoire. Le projet de ce livre, c’est d’elles et eux qu’il vient, de leur intérêt, leur questionnement et leurs doutes.– Comment fonder une maison d’édition à partir de rien – combien d’argent faut-il, dans quel local, avec quel imprimeur, quel banquier, quel distributeur ?– Ensuite, comment s’y prendre pour ébaucher un catalogue, pour le développer, quelle relation avec quels auteurs, quel travail sur les textes ?– Sans négliger les questions matérielles : établir le budget des livres, tenir un plan de trésorerie, un budget annuel… L’éditeur doit marcher sur ses deux jambes, mener de front la partie intellectuelle et la partie matérielle du métier, qui se complètent et se renforcent mutuellement.– Les livres une fois imprimés, il faut les faire connaître – à la fois aux médias, aux libraires, dont le soutien est décisif, et pour finir aux lecteurs, en utilisant les moyens les plus traditionnels (contact direct et par les représentants) et les autres (site internet, newsletters, etc.). Et puis il faut les vendre ! Ce livre est mené sous forme d’un dialogue avec Ernest Moret, étudiant en philosophie qui connaît bien la Fabrique où il a été stagiaire. Cette forme a permis de mêler des notions d’ordre général et des idées et des anecdotes tirées de l’expérience personnelle d’Eric Hazan, dans l’édition d’art puis à la Fabrique. Sans compter les suggestions et critiques issues de l’équipe même de la Fabrique – car ce qui ressort clairement de ce livre, c’est que l’édition est avant tout un travail collectif.
Archive, library and the digital
Théorie du Bloom
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Lettre à l'éditeur, Contre toute apparence, il ne s'agit pas d'un livre, mais d'un virus éditorial. Le Livre, en tant qu'il se tenait face à son lecteur dans la même feinte complétude, dans la même suffisance close que le Sujet classique devant ses semblables, est, non moins que la figure classique de l'"Homme", une forme morte. La fin d'une institution(...)
Théorie du Bloom
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Lettre à l'éditeur, Contre toute apparence, il ne s'agit pas d'un livre, mais d'un virus éditorial. Le Livre, en tant qu'il se tenait face à son lecteur dans la même feinte complétude, dans la même suffisance close que le Sujet classique devant ses semblables, est, non moins que la figure classique de l'"Homme", une forme morte. La fin d'une institution s'éprouve toujours dans la fin d'une illusion. Et c'est aussi bien le contenu de vérité en vertu duquel cette chose passée est déterminée comme mensonge qui apparaît alors. Que, par delà leur caractère de clôture, les grands livres n'aient jamais cessé d'être ceux qui parvenaient à créer une communauté; qu'en d'autres termes, le Livre ait toujours eu son existence hors de soi, voilà qui ne fut admis qu'à une date somme toute assez récente. Il paraît même que camperait encore quelque part sur la rive gauche de la Seine une certaine tribu, une communauté du Livre, qui trouve dans cette doctrine tous les éléments d'une hérésie. Tu es bien placé pour constater que la fin du Livre ne signifie pas sa brutale disparition de la circulation sociale, mais au contraire son absolue prolifération. Le foisonnemenrt quantitatif du Livre n'est qu'un aspect de sa présente vocation au néant, tout comme sa consommation balnéaire et le pilon, qui en sont deux autres. Dans cette phase, il y a donc certes encore des livres, mais ils ne sont plus là que pour abriter l'action corrosive de VIRUS éDITORIAUX. Le virus éditorial expose le principe d'incomplétude, l'insuffisance fondamentale qui est à la base de l'objet publié. Il se cale par les mentions les plus explicites, par les indications les plus grossièrementr pratiques -adresse, contact, etc-, dans la perspective de réaliser la communauté qui lui manque, la communauté encore virtuelle de ses lecteurs véritables. Il se place en un coup, le lecteur dans une position telle que son portrait ne soit plus tenable, telle du moins que son retrait ne peut plus être neutre. C'est dans ce sens-là que nous efflanquerons, aiguiserons, préciseront la Théorie du Bloom.
Critical Theory