Chercheurs Mellon 2008

Bernardo Secchi et Rebecca Solnit
Recherche, janvier 2008 au décembre 2008
Bernardo Secchi
Università Iauv di Venezia, Italie

En cette période de grande visibilité de l’architecture, la réputation des architectes et urbanistes demeure limitée. Nous admirons souvent quelques architectures, mais n’aimons pas la ville contemporaine. Plutôt que d’attirer votre attention sur les objets d’architecture, je la dirigerai vers les relations entre les objets, les sens et la signification de ces relations, c’est-à-dire sur l’architecture de la ville. Si on parcourt l’espace de la ville européenne contemporaine depuis le continuum des tissus du centre vers les rythmes plus complexes de sa périphérie plus ou moins structurée par les projets de la modernité, pour arriver enfin aux rythmes simples de l’étalement ou de la dispersion, on est poussé à réfléchir au sens de cette analogie entre la ville et le métronome. La forme de la ville contemporaine est le produit matériel et imaginaire d’une multiplicité de sujets, chacun, comme les cent métronomes du Poème symphonique de György Ligeti (1963), avec ses idiorythmies, ses temporalités, sa propre rationalité.

Rebecca Solnit
États-Unis

Je me promène dans les paysages urbains et les interroge depuis au moins trente ans, et ils ont muté au cours de la dernière décennie de manières étranges, dérangeantes, merveilleuses et terribles. Ma propre éducation en ruines a énormément progressé ces dernières années, et je veux partir du principe que les ruines peuvent être un signe d’abondance, non d’appauvrissement. Car il existe aujourd’hui un paradoxe au cœur des villes nord-américaines: la richesse est devenue un grand destructeur; la pauvreté, un grand conservateur. Alors que l’avenir officiel n’est pas la destruction de la vieille ville industrielle ruineuse, mais plutôt celle de quelques uns des espoirs et des richesses de la ville, arrachés de presque tout et partout, et la plus ruinée des villes américaines mais aussi peut-être la plus pauvre, Detroit, a ouvert des possibilités pour un futur profond. C’est si évident pour moi, peut-être parce que je viens d’une des villes de la richesse, San Francisco. Ma ville a subi la même décadence urbaine, à une échelle modeste, que la plupart des autres villes nord-américaines dans l’après-guerre, mais elle a aussi été assaillie par la richesse depuis les trente dernières années, particulièrement pendant le boom technologique « dotcom » qui était, je me rends compte maintenant, plus un boom de l’immobilier qu’autre chose, parce que c’est bien ce qui est resté lorsque toutes ces stupides entreprises virtuelles ont été emportées, lors de la dernière bulle, comme du duvet d’asclépiade par les vents changeants du capitalisme.

Le programme pour boursiers et chercheurs principaux de la fondation Mellon du CCA a été mis sur pied en 2001 afin d’encourager la recherche de pointe en histoire et en philosophie de l’architecture. Grâce au généreux concours de The Andrew W. Mellon Foundation, le CCA a invité des chercheurs réputés pour des résidences d’un à huit mois, se terminant par une conférence publique.

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