Obsolescence des ruines
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Résumé:
Il serait difficile de nier que les ruines occupent une place de plus en plus grande dans l'imaginaire de notre temps. Nous ne parlons pas ici des ruines antiques et gothiques, mais de l'espace délabré des villes contemporaines, comprenant les usines désaffectées, les gares abandonnées, tous les lieux oubliés de la modernité. L'aura noire d'une ville comme Detroit, Pompéi(...)
Obsolescence des ruines
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Résumé:
Il serait difficile de nier que les ruines occupent une place de plus en plus grande dans l'imaginaire de notre temps. Nous ne parlons pas ici des ruines antiques et gothiques, mais de l'espace délabré des villes contemporaines, comprenant les usines désaffectées, les gares abandonnées, tous les lieux oubliés de la modernité. L'aura noire d'une ville comme Detroit, Pompéi actuelle de la désindustrialisation, nimbe chaque bâtiment délaissé du monde. Elle est devenue en quelque temps la Mecque de l'exploration urbaine, dont le Detroit's Michigan Theater transformé en parking représente le cube de la Kaaba autour duquel tournoient les nouveaux pèlerins du Hajj de la dévastation urbaine. La ruine industrielle appartient encore pour une grande part au culte classique du monument effondré. Elle en rejoue la grandeur passée, l'évocation nostalgique de la civilisation fragile et mortelle. Dans les colonnes d'un temple ruiné ou dans les usines en friche, ce sont encore les beaux restes d'un Empire que l'on loue. Nous sommes entrés dans le troisième âge de la ruine. Après le temps des ruines antiques, puis celui ces ruines modernes, voici l'ère de la ruine instantanée, de la ruine du présent lui-même qui, née de l'urgence et vaincue par elle, ne dure plus, mais s'efface au moment même de son édification.
Théorie de l’architecture
livres
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Résumé:
Grande voie de communication traversant du nord au sud le cœur géographique de Montréal, le boulevard Saint-Laurent témoigne de plus de trois siècles d’histoire dans la ville. En une cascade de transformations et de renversements spectaculaires, l’artère a incarné successivement toutes les facettes de la montréalité, du rural à l’urbain, des formes primitives(...)
Saint-Laurent : la Main de Montréal
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Grande voie de communication traversant du nord au sud le cœur géographique de Montréal, le boulevard Saint-Laurent témoigne de plus de trois siècles d’histoire dans la ville. En une cascade de transformations et de renversements spectaculaires, l’artère a incarné successivement toutes les facettes de la montréalité, du rural à l’urbain, des formes primitives d’industrialisation au multimédia. Porte d’entrée de l’immigration, fenêtre ouverte sur le monde, refuge de toutes les marginalités, la "Main" a aussi été le creuset où ont été incarnés pour la première fois au Québec la rencontre des cultures et le métissage des identités. À travers ce vaste et profond brassage d’idées, dont le boulevard Saint-Laurent a été porteur tout au long de son histoire, se profile le passage de Montréal et du Québec tout entier à la modernité. Dans le brouhaha de ses trottoirs et la cohue de ses intersections sont en effet apparus de grands courants de société dont nous sommes aujourd’hui les héritiers, comme la libération des femmes, la syndicalisation des ouvriers et la lutte pour la dignité humaine. La "Main" a aussi été un réservoir de talents artistiques et un terrain d’expérimentation pour de nouvelles formes d’expression comme le cinéma, le théâtre yiddish, la chanson francophone et le burlesque québécois.
livres
mai 2002, Sillery
Architecture de Montréal
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Résumé:
L'Art déco apparaît dans le sillage de l'Art nouveau au cours des années 1920. Ce mouvement tire son origine des Arts décoratifs, mis sur le devant de la scène lors de l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925. En pleines Années folles, la création artistique est alors éclatante. Décorateurs, ensembliers, architectes,(...)
novembre 2024
Art déco : cinq bâtiments emblématiques
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Résumé:
L'Art déco apparaît dans le sillage de l'Art nouveau au cours des années 1920. Ce mouvement tire son origine des Arts décoratifs, mis sur le devant de la scène lors de l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925. En pleines Années folles, la création artistique est alors éclatante. Décorateurs, ensembliers, architectes, ferronniers, etc. , s'associent pour concevoir des pavillons aux intérieurs richement décorés. Trait d'union entre l'ornementation excessive de l'Art nouveau et la rigueur formelle de l'architecture moderne - qui apparaît peu avant -, l'Art déco impose une esthétique élégante, faisant la part belle aux motifs géométriques, sans toutefois délaisser les courbes, et mettant en valeur la pureté des lignes et la sophistication des détails. L'Art déco accompagne le développement de la modernité et de nouveaux équipements tels que gares, cinémas, piscines, musées, etc. , où s'expriment les idées de vitesse, de voyage, de dépaysement et de divertissement ; mais il se manifeste également dans des programmes plus traditionnels comme les édifices administratifs ou religieux, par exemple. Ce nouvel opus de la collection "Cinq" offre un panorama représentatif de ce mouvement polymorphe, à travers cinq réalisations remarquables : l'église Saint-Louis de Vincennes, la bibliothèque Carnegie de Reims, le palais de la Porte-Dorée, la gare de Lens et l'hôtel de ville de Puteaux.
$54.00
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Résumé:
On sait peu de choses sur le rôle de la musique dans le travail de Le Corbusier. On en sait également peu sur le travail architectural de Iannis Xenakis. Pourtant, cela fait soixante ans que Xenakis élabora la conception du Pavillon Philips de l'Exposition universelle de 1958 à Bruxelles : un pavillon éphémère aux formes organiques réalisé alors qu'il travaillait chez Le(...)
Le Corbusier & Iannis Xenakis : un dialogue architecture / musique
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On sait peu de choses sur le rôle de la musique dans le travail de Le Corbusier. On en sait également peu sur le travail architectural de Iannis Xenakis. Pourtant, cela fait soixante ans que Xenakis élabora la conception du Pavillon Philips de l'Exposition universelle de 1958 à Bruxelles : un pavillon éphémère aux formes organiques réalisé alors qu'il travaillait chez Le Corbusier, en même temps qu'il produisait ses premières compositions musicales. Objet multimédia avant l'heure, ce Pavillon intrigue toujours autant par les courbures de ses formes dans l'espace, que par les oeuvres électroniques dont il fut l'écrin. Plus encore, la rencontre des individualités collaborant au projet interpelle : faire un projet à plusieurs, c'est accepter les contradictions, les silences, les tensions. À travers l'analyse de documents originaux, certains inédits, cet ouvrage revient sur la place de la musique chez Le Corbusier, de l'architecture chez Iannis Xenakis, et nous aide à comprendre leur travail de collaboration en revenant sur la genèse du Pavillon Philips : appréhender les rapports entre architecture et musique chez Le Corbusier et Xenakis, c'est ainsi constater le choc entre le sens ancestral de la synthèse des arts dont hérite le XXe siècle et la modernité d'un projet réalisé au cours des années 1950.
Architecture, monographies
$42.00
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Juin 1940 : les combats et la défaite. Les centres historiques sont dévastés, les châteaux réquisitionnés, les monuments effondrés. Le régime autoritaire de Vichy entreprend le " redressement moral " du pays. Contre l'internationalisme et le cosmopolitisme des avant-gardes, l'architecture française doit retrouver sa grandeur nationale et sa place éminente dans le monde.(...)
avril 2008, Rennes
Les monuments historiques de 1940 à 1959: administration, architecture, urbanisme
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Juin 1940 : les combats et la défaite. Les centres historiques sont dévastés, les châteaux réquisitionnés, les monuments effondrés. Le régime autoritaire de Vichy entreprend le " redressement moral " du pays. Contre l'internationalisme et le cosmopolitisme des avant-gardes, l'architecture française doit retrouver sa grandeur nationale et sa place éminente dans le monde. Dans ce projet, les monuments anciens ont un rôle de tout premier plan. Il ne s'agit pas seulement, en effet, de relever les ruines, mais aussi d'inventer une nouvelle modernité architecturale et urbaine appuyée sur la tradition et le génie artistique propre à la France. Le service des Monuments historiques se rapproche des services de l'urbanisme et de la reconstruction afin d'inventer le nouveau cadre bâti de la France régénérée. Juin l944-Mai 1945: nouvelles destructions et Libération. A la réflexion théorique succède l'action, dans un pays exsangue. Commence le grand chantier de la reconstruction, elles désillusions: crédits insuffisants, rupture du consensus avec les responsables de la construction. Refusant l'habituelle opposition entre architecture et patrimoine, cet ouvrage envisage le monument historique comme un élément à part entière de l'histoire de l'architecture. Il retrace son itinéraire politique et social autant que son destin matériel dans une période agitée, caractérisée par une quantité d'interventions absolument sans précédent.
$49.95
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Résumé:
"L'idée de la grande ville : L'architecture moderne d'Europe centrale, 1890 - 1937" examine pour la première fois l'explosion d'idées neuves en architecture qui a marqué les dernières décennies de l'empire des Habsbourg et les premières années aventureuses des nouvelles républiques d'Europe centrale. Véritable champ de(...)
L'idée de la grande ville : l'architecture moderne d'Europe centrale, 1890-1937
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"L'idée de la grande ville : L'architecture moderne d'Europe centrale, 1890 - 1937" examine pour la première fois l'explosion d'idées neuves en architecture qui a marqué les dernières décennies de l'empire des Habsbourg et les premières années aventureuses des nouvelles républiques d'Europe centrale. Véritable champ de bataille culturel entre différentes traditions et aspirations nationales, religieuses, ethniques et linguistiques, la région n'en était pas moins le foyer d'un profond idéal cosmopolite. S'intéressant à la ville en tant que modèle de société et milieu favorable à l'épanouissement d'une vie culturelle intense, le livre permet de découvrir une histoire remarquable où se conjuguent invention, expérimentation, sophistication et imagination - l'histoire d'architectes qui ont voulu exprimer un sens nouveau de l'urbanité et de la modernité. Ce catalogue, sous la direction d’Eve Blau et de Monika Platzer, rassemble des essais des deux directrices, ainsi que de Charles S. Maier, Moritz Csáky, Renate Banik-Schweitzer, Friedrich Achleitner, Petr Krajci et Rostislav Òvácha, Iain Boyd Whyte, Aleksander Laslo, Ihor Zuk, Jacek Purchla, Ileana Pintilie, András Ferkai, Breda Mihelic et Andrew Herscher. L'avant-propos est de Phyllis Lambert et Kurt W. Forster du Centre Canadien d'Architecture, Deborah Marrow du Getty Research Institute de Los Angeles et Rudolf Wran du ministère autrichien de l'éducation et des Affaires culturelles.
Publications du CCA
$64.00
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Résumé:
Trois décennies d’engagement au service de la collectivité: c’est en ces termes qu’on pourrait qualifier l’action publique de Jean-Pierre Dresco, envisagée comme le reflet d’une période où toute une génération d’architectes remet progressivement en cause les bienfaits du progrès et de la modernité et envisage son métier essentiellement sous un angle éthique, social et(...)
Architecture et patrimoine: Jean-Pierre Dresco, architecte cantonal vaudois de 1972 à 1998
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Trois décennies d’engagement au service de la collectivité: c’est en ces termes qu’on pourrait qualifier l’action publique de Jean-Pierre Dresco, envisagée comme le reflet d’une période où toute une génération d’architectes remet progressivement en cause les bienfaits du progrès et de la modernité et envisage son métier essentiellement sous un angle éthique, social et économique. Cet ouvrage collectif s’attache à retracer les principaux moments qui ont balisé sa longue carrière, tout en mettant l’accent sur la période comprise entre 1972 et 1998 où il est architecte cantonal du Canton de Vaud. On assiste alors à l’émergence «d’une ère nouvelle cadrée dans une perspective culturelle», en phase avec les multiples enjeux de l’époque, qui s’avère pourtant moins complexe que l’actuelle, comme il en ressort d’un dialogue entre l’ancien et le présent architecte cantonal. Adepte des vertus de la pluridisciplinarité, Jean-Pierre Dresco a, tout au long de son activité dans la fonction publique, porté un regard d’architecte sur les choses. En effet, intimement convaincu de la nécessité d’instaurer ce qui fait «lien» avec les autres, tant au niveau professionnel qu’avec le public, il n’a pas pour autant perdu l’intérêt pour l’art sous ses formes les plus exigeantes: l’art de bâtir, l’art de restaurer, l’art tout court.
Première leçon d'urbanisme
$21.95
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Cet ouvrage n'est pas un traité d'urbanisme: il s'inscrit dans une tradition qui, en langue française, s'est ouverte avec les Introduction à l'urbanisme d'un Marcel Poëte ou d'un Pierre Lavedan. Le renouvellement de la réflexion est évident. Cette initiation à l'urbanisme s'inspire non seulement des disciplines classiques mais de celles qui se sont épanouies dans les(...)
Première leçon d'urbanisme
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Cet ouvrage n'est pas un traité d'urbanisme: il s'inscrit dans une tradition qui, en langue française, s'est ouverte avec les Introduction à l'urbanisme d'un Marcel Poëte ou d'un Pierre Lavedan. Le renouvellement de la réflexion est évident. Cette initiation à l'urbanisme s'inspire non seulement des disciplines classiques mais de celles qui se sont épanouies dans les dernières décennies : sciences du langage et des signes, archéologie du savoir, anthropologie et même musicologie. Métaphore mais surtout analogie placent ainsi l'urbanisme à un carrefour de savoirs et de savoir-faire. La périodisation historique proposée par l'auteur est originale. L'histoire de l'urbanisme, à la fois reflet et moteur de l'histoire urbaine, s'enracine dans la modernité depuis la Renaissance: long parcours aux avatars multiples, dont le court XXe siècle marque à la fois le chant du cygne et la désagrégation. Ainsi passe-t-on à la ville contemporaine, la "sprawl city", mais qui est loin de s'établir en table rase. Quels sont les effets de cette mutation sur les modes d'intervention de l'urbaniste, sur sa culture, sur sa philosophie même ? Car il ne s'agit pas seulement de répondre aux caractères de la ville contemporaine mais d'en engager l'avenir. C'est le sens de la notion de projet. Pour Bernardo Secchi, l'urbaniste reste un auteur: au-delà des savoirs et des savoir-faire ne doit-il pas respecter une déontologie ?
Théorie de l’urbanisme
$19.75
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La guerre futuriste est une mobilisation totale contre les valeurs politiques, morales et culturelles du passé; elle permet à Marinetti de rompre les ponts avec la décadence, d'être de plain-pied dans la réalité qui n'est plus la conséquence du passé mais son contraire. Il repère un ennemi immédiat - les empires centraux "moribonds" - et un objectif facile -(...)
Marinetti et la révolution futuriste
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La guerre futuriste est une mobilisation totale contre les valeurs politiques, morales et culturelles du passé; elle permet à Marinetti de rompre les ponts avec la décadence, d'être de plain-pied dans la réalité qui n'est plus la conséquence du passé mais son contraire. Il repère un ennemi immédiat - les empires centraux "moribonds" - et un objectif facile - l'irrédentisme ; mais surtout il identifie, dans la technique au service du mythe, l'avènement traumatique de la modernité. [...] Marinetti n'est décidément pas facile à cerner. Il est de "droite" ou plutôt d'"extrême droite", lorsqu'il en appelle au droit du plus fort, au reniement de la solidarité de classe, à la loi martiale contre les pacifistes et les traîtres, à la destruction de l'ennemi et pas seulement à sa défaite. Il est de "gauche ", ou plutôt d'"extrême gauche" parce qu'à ses yeux la guerre doit mener à la dissolution de tout ordre préétabli, y compris celui des non-belligérants comme l'Eglise - d'où sa fronde pendant la période fasciste contre les compromis et la corruption du régime. Maurizio Serra, diplomate et historien italien, né à Londres en 1955 ; il dirige actuellement l'Institut diplomatique du ministère des Affaires étrangères italien. Spécialiste d'histoire des idées au XXe siècle, professeur de relations internationales à l'université LUISS de Rome, il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Le Passager du siècle.
Théorie de l’art
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Dans le champ du projet, la nature est aujourd’hui sans cesse évoquée. Invoquant l’impératif environnemental et écologique, les architectes promettent de rendre la ville de demain plus accueillante et agréable, grâce à une architecture de plus en plus « végétale ». Des images séduisantes et « verdoyantes », associées à un vocabulaire étranger au champ lexical du projet,(...)
Paysages réactionnaires : nostalgie de la nature et projet néolibéral
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Dans le champ du projet, la nature est aujourd’hui sans cesse évoquée. Invoquant l’impératif environnemental et écologique, les architectes promettent de rendre la ville de demain plus accueillante et agréable, grâce à une architecture de plus en plus « végétale ». Des images séduisantes et « verdoyantes », associées à un vocabulaire étranger au champ lexical du projet, cachent l’architecture en tant qu’objet minéral. L’hégémonie et l’abus de la notion de paysage révèlent en réalité des problématiques culturelles profondes. Le retour à l’identité, aux racines, au lieu : un triptyque hégémonique chez les architectes et le grand public, qu’il convient de remettre en question. Politiquement très ambigus dans leurs implications, ces nouveaux mots d’ordres instrumentalisent une version banalisée de la beauté. C’est en ce sens que nous parlons ici de paysages réactionnaires. L’acception esthétisante et nostalgique du paysage transforme l’impératif écologiste en une idéologie dénuée de toute l’urgence politique que la question mériterait. Cet ouvrage, en dressant une histoire synthétique du « dispositif visuel » structurant une certaine idée de Modernité, entend montrer comment cette dérive contemplative du paysage est révélatrice d’une crise de la notion de projet, entendu dans son sens le plus profondément politique. Nous entendons au contraire affirmer une conception du paysage complexe et évolutive, synthétisant plusieurs questions (d’échelle, de temps, d’objectivité/subjectivité), contre toute rhétorique nostalgique de la « belle intégralité perdue ».
Théorie du paysage