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Résumé:
Le capitalisme ne fait plus : il fait faire. L’économie de plateforme a conféré une dimension paradigmatique à l’usage de l’externalisation, ainsi qu’une place inédite aux activités gratuites. D’où la nécessité d’analyser les nouveaux régimes d'exploitation dans le secteur des services et de la culture sous l'angle de l'usage que le capitalisme fait du numérique. Dans(...)
La colonisation du quotidien : dans les laboratoires du capitalisme de plateforme
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Le capitalisme ne fait plus : il fait faire. L’économie de plateforme a conféré une dimension paradigmatique à l’usage de l’externalisation, ainsi qu’une place inédite aux activités gratuites. D’où la nécessité d’analyser les nouveaux régimes d'exploitation dans le secteur des services et de la culture sous l'angle de l'usage que le capitalisme fait du numérique. Dans cet ouvrage, Patrick Cingolani met en lumière les diverses formes que prend l’extraction du surtravail et la prédation du gratuit, de l’instillation du travail dans la vie privée à sa vaporisation dans les temporalités interstitielles du quotidien. Le travail pénètre en effet désormais les pores de la vie ordinaire en effaçant ses indices et ses frontières. Parallèlement, on assiste à la spoliation spéculative des activités non-marchandes. Dans un monde où le temps d’activité gratuit est approprié par la contrainte ou par la promesse (stage ou projet) tandis que les travailleurs externalisés se trouvent assujettis à une temporalité juste-à-temps, tout moment devient une opportunité de prélèvement. Mais si le « le travailleur », voire « l’usager », peut apparaitre abusé par l’effacement des indices de la subordination et des signes distinctifs du travail, rien ne serait pire que de désespérer d’une subjectivité donnée comme aliénée ou complice. Il importe plutôt de mener une critique rigoureuse de l’accountability qui s’intègre à une réflexion sur les formes de suspens et résistance démocratiques à opposer aux usages capitalistes de la technique, à l’instar des luttes menées par travailleurs de la mode à Milan ou par les coursiers de Deliveroo.
Social
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112 Greene Street, The Kitchen, Artists Space, The Clocktower, P.S.1, Franklin Furnace, ou Fashion Moda : ces lieux nés durant la décennie 1970, et parfois toujours en activité, ont laissé une empreinte durable sur la scène artistique new-yorkaise. « Espaces alternatifs », d'abord installés dans ces quartiers industriels du sud de Manhattan qui deviendront SoHo et(...)
Une histoire des espaces alternatifs à New York: de SoHo au South Bronx,1969-1985
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112 Greene Street, The Kitchen, Artists Space, The Clocktower, P.S.1, Franklin Furnace, ou Fashion Moda : ces lieux nés durant la décennie 1970, et parfois toujours en activité, ont laissé une empreinte durable sur la scène artistique new-yorkaise. « Espaces alternatifs », d'abord installés dans ces quartiers industriels du sud de Manhattan qui deviendront SoHo et TriBeCa, puis dans l'East Village, le Queens, Brooklyn, ou encore le sud du Bronx, ces lieux d'exposition, de création et de sociabilité établis en marge des institutions muséales et des galeries commerciales ont favorisé l'épanouissement de nouvelles pratiques : art processuel, danse postmoderne, art vidéo, performance. C'est une enquête historique et un parcours géographique que propose l'ouvrage, mettant en lumière l'articulation entre ces pratiques et les phénomènes institutionnels, sociaux, économiques et urbains dont elles ne peuvent être dissociées. Si les installations dans les espaces bruts du 112 Greene Street ou l'exposition inaugurale de P.S.1 révèlent un engouement pour le matériau urbain, c'est aussi la place des artistes dans la ville de New York qui est alors constamment interrogée, depuis la légalisation des premiers lofts jusqu'aux critiques virulentes de la gentrification qui émanent de la communauté artistique elle-même. Alors qu'au début des années 1970 ces lieux alternatifs profitent d'un contexte économique favorable et du soutien d'une nouvelle politique culturelle fédérale et locale, le milieu des années 1980 sonne le glas d'un mouvement. « The Fun is gone » arbore la Fun Gallery à sa fermeture dans l'East Village en 1985. La scène alternative s'essouffle sous la présidence Reagan, non sans avoir nourri sa propre histoire et contribué à la constitution d'une mythologie et d'un héritage dont l'ambivalence persiste aujourd'hui.
Théorie de l’art
Bettina
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Artiste mythique du New York des années 1960 et 1970, Bettina Grossman (1927- 2021) – Bettina pour le monde de l’art – a développé pendant plus de soixante ans une œuvre prolifique. Cet ouvrage monographique est le premier qui présente son exceptionnel travail de recherche photographique, cinématographique et graphique, nourri de la pratique d’une sculpture conceptuelle. (...)
septembre 2022
Bettina
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Artiste mythique du New York des années 1960 et 1970, Bettina Grossman (1927- 2021) – Bettina pour le monde de l’art – a développé pendant plus de soixante ans une œuvre prolifique. Cet ouvrage monographique est le premier qui présente son exceptionnel travail de recherche photographique, cinématographique et graphique, nourri de la pratique d’une sculpture conceptuelle. Personnalité excentrique, totalement dédiée à son art, Bettina réside à partir de 1972 au Chelsea Hotel suite à l’incendie de son atelier dans lequel elle a perdu toutes ses archives. Vivant telle une recluse dans cette communauté d’artistes, Bettina produit et accumule dans son minuscule studio une œuvre considérable qui s’inscrit pleinement dans la grande histoire des avant-gardes artistiques du XXe siècle. Ses pièces sont suspendues dans l’atelier, accrochées aux murs, posées à même le sol : elles envahissent l’espace dans un continuum menant au vertige, le geste artistique se fait expérience physique et visuelle. Aux confins de l’abstraction, Bettina manipule, tord, étale, étire matière, lumière et ombre. Sa pratique sérielle donne à voir un univers hypnotique et d’une grande puissance visuelle. En 2019, la photographe franco-marocaine Yto Barrada expose expose quelques œuvres de Bettina au LMCC’s, à New York, qui permet la redécouverte de son travail. Barrada gagne la confiance de Bettina qui ouvre pour la première fois ses archives dans lesquelles Yto Barrada et Gregor Huber vont se plonger pendant près de trois ans. Ils imaginent un livre avec la complicité de Bettina jusqu'au décès de cette dernière le 2 novembre 2021, à l'âge de 94 ans, qui remet au jour une œuvre majeure produite par une artiste iconique. Cet ouvrage est le lauréat de la du LUMA Rencontres Dummy Book Award Arles 2020.
livres
Voyage à Chandigarh
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C'est à Chandigarh, capitale indienne au pied de l'Himalaya, que Le Corbusier mit en oeuvre pour l'unique fois de sa vie ses théories urbaines à l'échelle d'une ville entière. En 1947, lors de la partition de l'Inde et du Pakistan, l'état du Punjab fut divisé : Lahore, son ancienne capitale, étant désormais au Pakistan, Nehru confia trois ans plus tard la construction(...)
Voyage à Chandigarh
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C'est à Chandigarh, capitale indienne au pied de l'Himalaya, que Le Corbusier mit en oeuvre pour l'unique fois de sa vie ses théories urbaines à l'échelle d'une ville entière. En 1947, lors de la partition de l'Inde et du Pakistan, l'état du Punjab fut divisé : Lahore, son ancienne capitale, étant désormais au Pakistan, Nehru confia trois ans plus tard la construction d'une nouvelle capitale à une équipe dirigée par Le Corbusier. En photographiant Chandigarh à partir de 2010, l'intention de Manuel Bougot était de faire un portrait intime de la ville en figeant sur la pellicule exclusivement des intérieurs privés et administratifs. Mais face à l'architecture impressionnante des sites et notamment celle du Capitole Complex, qui regroupe la Haute cour de justice, l'Assemblée législative et le Secrétariat général, ce projet a évolué pour raconter cette ville que ses habitants appellent "The City Beautiful". Manuel Bougot s'est attaché à montrer l'appropriation par les Indiens de cette architecture occidentale et, au-delà, la confrontation de deux cultures que tout semblerait opposer, faisant un état des lieux soixante ans après la naissance de cette capitale prévue pour cinq cent mille habitants et qui en compte aujourd'hui plus de deux millions. A des années-lumière de l'idée que l'on se fait des grandes villes indiennes, au coeur de la densité minérale des bâtiments en béton, Chandigarh exhibe de magnifiques espaces verts, des parcs luxuriants où écureuils et singes se promènent en liberté et où les habitants font leur jogging quotidien. C'est cette capitale originale, le plus grand chantier de Le Corbusier, que nous restitue le photographe, dans ce livre auquel contribuent également l'historienne de l'architecture Caroline Maniaque, et l'architecte indien Balkrishna Doshi, Pritzker prize 2018, qui accompagna Le Corbusier dans cette aventure hors norme.
livres
décembre 2019
Trajets
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Peinture, sculpture, arts décoratifs, arts graphiques, architecture et photographie, c'est l'ensemble des arts russes, de la seconde moitié du XIXe siècle à la fin du régime tsariste en 1917, qu'envisage ce catalogue. En effet, si les avant-gardes russes du début du XXe siècle ont déjà fait l'objet d'expositions remarquables (Paris-Moscou en 1981 au musée national(...)
Histoire jusqu’à 1900
novembre 2005, Paris
L'art russe dans la seconde moitié du XIXe siècle : en quête d'identité
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Résumé:
Peinture, sculpture, arts décoratifs, arts graphiques, architecture et photographie, c'est l'ensemble des arts russes, de la seconde moitié du XIXe siècle à la fin du régime tsariste en 1917, qu'envisage ce catalogue. En effet, si les avant-gardes russes du début du XXe siècle ont déjà fait l'objet d'expositions remarquables (Paris-Moscou en 1981 au musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, L'Avant-Garde russe 1905-1925, en 1993 au musée des Beaux-Arts de Nantes), la période qui précède est en revanche largement inconnue en France. Aussi cet ouvrage vient-il combler une lacune et, s'il n'a pas pour objet la présentation d'un panorama exhaustif de la production artistique en Russie dans la seconde moitié du XIXe siècle, il met singulièrement en lumière les conditions de l'élaboration d'un art proprement russe. Dans la seconde moitié du siècle en effet, certains artistes se détournent totalement ou partiellement, des modèles et des répertoires occidentaux, enseignés dans les académies de Saint-Pétersbourg et de Moscou pour définir un art et un style proprement nationaux. Ce mouvement s'exprime dans la relecture des sources nationales, historiques ou mythiques, des arts populaires, de la littérature et des contes slaves, mais aussi dans la considération de la réalité sociale et politique contemporaines. En 1863, un groupe de jeunes artistes refuse de concourir à l'Académie selon les sujets imposés. Cette révolte des quatorze ouvre la voie à un réalisme nouveau qui se développe en dépit de la censure : Répine, Kramskoï, Savistski, Yarotchenko traitent désormais de la réalité sociale et politique de la Russie tsariste. Cette quête d'identité trouve son apogée dans le mouvement néo-russe qui touche l'ensemble des disciplines artistiques. Des architectes (Ropet), des peintres (Vasnetsov, Roerich), des dessinateurs (Bilibine, Polenova), des sculpteurs (Konenkov), des décorateurs (Malioutine, Vachkov) participent à ces réalisations. Au cours des dernières années du XIXe siècle, un recensement systématique du patrimoine populaire s'organise tandis que les artistes redécouvrent l'art de l'ancienne Russie. Cette inspiration se prolonge au cours des années 1905-1910 dans le mouvement néo-primitiviste, aussi bien en peinture (Gontcharova, Larionov, Malevitch) que dans les recherches sur la taille directe du bois en sculpture (Golubkina, Konenkov). L'héritage de la Russie ancienne et moderne sera ainsi revendiqué par ces mêmes artistes dans la genèse des mouvements d'avant-garde.
Histoire jusqu’à 1900